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6 min de lecture

Comment les femmes se sont-elles imposées dans le Rap ?

Par Candice Piot le 13 oct. 2020 13:07:35

Catégorie: Industrie musicale

Quand on parle de Rap, on a encore dans la tête l’image de rappeurs costauds, bling-bling, parfois violents, plutôt sexistes voire misogynes. Mais les choses ont bien changé... et heureusement ! Les femmes sont maintenant, elles aussi, aux commandes ! On vous fait une petite rétrospective de l‘histoire du Rap féminin.


Un milieu d’origine masculine


Reprenons du début : le Rap est un style musical né à la fin des années 70 aux États-Unis. En même temps que le Hip-Hop, le Rap apparaît alors qu’une grande crise économique saisit les États-Unis. Les jeunes des quartiers défavorisés des grandes villes ont besoin d’exprimer leur frustration face à l’injustice, la violence et la pauvreté qu’ils vivent quotidiennement. Et le Rap devient leur exutoire ! Bien plus qu’un simple style musical, le Rap devient un mouvement culturel.


Il traverse ensuite l'Atlantique pour arriver en France au milieu des années 80, et c’est à ce moment-là que de nombreux rappeurs comme MC Solaar, le groupe IAM ou même Suprême NTM commencent à faire parler d’eux. Mais encore une fois, les femmes ne font pas partie de l’équation. Ou en tous cas, bien trop peu !


Alors, où sont les femmes ?

La femme était, il est vrai, relayée au second plan et pas aussi respectée que les hommes. Peu de rappeuses pour de nombreux textes insultants, des filles dénudées dans les clips... Le Rap est un style connu pour montrer une image peu glorieuse de la femme.

Mais elles n’ont pas dit leur dernier mot, et certaines artistes ont décidé que leurs voix doivent être entendues au moins autant que celles de leurs homologues masculins. Roxanne Shanté, une des pionnières du Rap féminin américain, est une des premières qui décide de reprendre les codes vestimentaires et un langage « street », en “clashant” par exemple d’autres rappeuses pour faire que ses messages soient entendus haut et fort. Dans son titre “Go on girl” sorti en 1988, elle y prône d’ailleurs le “Girl Power” et le fait qu’elle soit la meilleure dans ce qu’elle fait. C’est tout à son honneur !

 

 

En France, il faut attendre les années 90 pour voir les premières rappeuses émerger. Saliha est la première rappeuse à apparaître sur la compilation “RapAttitude” en compagnie, entre autres, d’IAM et de Suprême NTM. Si malheureusement sa carrière ne décollera pas, elle aura eu le mérite d’ouvrir la voie aux jeunes femmes qui souhaitent, elles aussi, se lancer dans le rap.

Nouvelle vague de rappeuses

Ces rappeuses ont ouvert la voie à des jeunes filles qui sont devenues des icônes du rap. On pense notamment aux sulfureuses Nicki Minaj et Cardi B qui jouent avec l’image de la rappeuse bling bling pour faire des hits. Elles mettent en avant l’image d’une femme forte, qui s’assume, qui n’a pas peur de faire et dire ce qu’elle a envie... et ça marche !

Le dernier clip de Cardi B, “WAP” en featuring avec Megan Thee Stallion (une autre rappeuse) cumule sur YouTube plus de 2,5 millions de vues.

 

En France aussi, le Rap se diversifie. On se souvient bien évidemment de Diam’s, et de son hit “La boulette”. Mais plus récemment, on a vu émerger la française Chilla et les belges Shay et Lous and the Yakuza, qui prônent également l’émancipation de la femme, dans un style différent.

 

 

Un milieu encore difficilement accessible

Malgré les avancées culturelles et le fait que la scène Rap et Hip-Hop soit beaucoup plus ouverte qu’il y a 20 ans, le nombre de femmes faisant du Rap reste très peu nombreux. Début 2020, seulement deux rappeuses, Marwa Loud et Shay, se retrouvent dans les 200 meilleures ventes d’album en France contre 86 hommes. Seulement 4 femmes se classaient parmi les 20 albums les plus écoutés en France en 2019, selon le SNEP.

Heureusement encore, pour pallier ce manque de visibilité, des collectifs permettent de promouvoir des jeunes artistes. C’est le cas par exemple du collectif “La Souterraine”, qui permet à de jeunes rappeuses comme Elea Braaz et Morgan, d’être programmées dans de grands festivals comme “Le Printemps de Bourges”.

Les rappeurs aussi mettent la main à la pâte ! Booba par exemple, a été le premier à donner sa chance à Shay, alors qu’elle était toute nouvelle sur la scène francophone. En 2011, Booba l’invite sur sa mixtape Autopsie Vol.4 pour un featuring sur le morceau “Cruella”, et la fait même monter sur la scène de Bercy avec lui. Grâce entre autres à cette collaboration mais surtout à force de travail, Shay signera quelques années plus tard dans son label 92i. Si la démarche de Booba de faire intervenir Shay sur un de ses sons peut paraître contradictoire avec ses paroles très sexistes, Booba montre par là qu’il a à cœur de promouvoir le rap, qu’il soit féminin ou masculin.
De son côté, Hatik soutient que Diam’s est “la meilleure rappeuse au monde, hommes et femmes confondus. Même si la fameuse rappeuse ne date pas d’hier, cela montre bien que certains artistes n’attachent pas ou peu d’importance au sexe de la personne qui rappe pour applaudir son talent !

Plutôt encourageant pour les rappeuses actuelles et futures ! Même s’il reste encore bien du chemin à parcourir pour rivaliser avec les rappeurs...


Vous l’aurez compris, la place de la femme dans le Rap a bien évolué au fil de années. Même si ce milieu reste majoritairement masculin, de nouveaux artistes féminines décident de changer les codes pour bousculer les mentalités. Il ne tient plus qu’à vous de vous lancer et de prouver que tout est possible si vous vous investissez à 200% !

Écrit par Candice Piot